Boulot, dodo, boulot!
- 7 juil. 2017
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Suite à mon revois de l'école Laure-Conan, pour ma mère il n'était pas question que je reste sans rien faire. Comme on dit: le travail forme la jeunesse. Le jour de la tournée des classes annuelles du primaire, l'abbé Émilien dit à ma mère: « je cherche une personne pour le presbytère, Mme Belley m'a donné sa démission pour cause de maladie, vous ne connaissez pas quelqu'un. » « mais si ma fille, elle a 16 ans, elle a quitté l'école, je suis sûre qu'elle est capable de vous rendre service. Prenez là à l'essai, si elle ne fait pas l'affaire vous pourrez toujours trouver quelqu'un d'autre. » « très bien dite-lui de venir lundi matin, Denise lui montrera ce qu'elle aura à faire. »
Je me présente le lundi matin avec une certaine nervosité, la responsabilité de m'occuper d'un aussi grand presbytère me parait lourd, je ne sais pas trop à quoi m'attendre. Denise m'accueille avec un large sourire. Elle me propose d'abord de visiter, le grand presbytère : s'étendant sur trois étages, il y a six chambres, une salle à manger, une cuisine, une buanderie, des appartements pour le curé, la chambre du vicaire et celle de Bruno étudiant en théologie, et un bureau pour l'administration de la paroisse
Je prenais donc en charge la cuisine, l'entretien ménager, la buanderie et l'accueil. « Tu seras la femme à tout faire ». Denise me montre les menus établis pour un mois et approuvés par les prêtres. Elle avait fait un horaire de routine pour l'entretien, que je n'avais qu'à suivre. Voilà qui m'enlevais une épine du pied.
Le lendemain, Denise me montre comment chercher dans les registres d'actes de naissance pour préparer les baptistaires, les actes de mariage et de décès. Elle me rassure en me disant: « t'inquiète pas tu peux toujours m'appeler si tu n'es pas sûre, je viendrai s'il le faut pour t'aider ».
J'ai vite pris le tour, ce que j'aimais le plus, c'était le silence, le calme, la paix dans le presbytère. J'étais plus souvent qu'autrement seul , sauf aux heures de repas. Je faisais ma petite besogne à mon rythme et tout allait bien. Ma journée débutait à huit heures et se terminait à 7 heures, je gagnais 7.00$ de l'heure. Ce n'était pas un travail éreintant, j'avais du temps pour lire, faire des petites siestes, écouter la télé, écrire mon journal personnel, dessiné. Les prêtres étaient exigeants mais je m'en accommodais assez bien, je faisait mon travail avec perfection, je ne voulais tellement pas décevoir ma mère à nouveau. Ma mère s'informait souvent de comment je me débrouillais. « Nous n'avons pas à nous plaindre d'elle, elle fait ça très bien, même mieux que je l'espérais. » Comme c'était bon à entendre, pour une fois, je faisait quelque chose de bien.
Je m'étais lié d'amitié avec Bruno qui étudiait la théologie au grand séminaire de Chicoutimi. Il avait 20 ans. Il était pensionnaire au presbytère puisqu'il venait de Mistassini au Lac St-Jean. Je l'appelais affectueusement ma grande échalote. Il était mince et mesurait six pieds deux pouces. C'était vraiment un grand amoureux de Dieu, sans être radical. Il me parlait de la Bible et de sa façon de voir les choses à travers les Saintes Écritures. De comment il voyait le monde, je l'écoutais sans me lasser. Nous avions de profondes discussions et j'aimais la façon qu'il avait de penser. Il ne savait pas s'il allait faire son sacerdoce, mais il désirait être missionnaire. Je lui souhaitais de réaliser son rêve.
Je vais travailler au presbytère jusqu'à la veille de mon mariage le 31 décembre 1982.
Extrait de mon journal personnel
Salutation






















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