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La peur est la plus terrible des passions, parce qu'elle fait ses premiers efforts contre la rai

  • Samuel Desbiens
  • 15 nov. 2017
  • 3 min de lecture

Du plus loin que je me souvienne, j'ai toujours agi en fonction de mes peurs. Les peurs elles me mènent en esclave, elles briment ma liberté. Elles se collent à ma peau comme une sangsue, suçant toutes mes énergies. Chaque situation nouvelle en dehors de ma zone de confort est un défi qui me semble comme une montagne infranchissable. La peur elle me conseille le retrait, la fuite, la discrétion, l'art de se faire oublier même au milieu d'une foule. Peur, peur qui me ronge. J'ai passé mon enfance, mon adolescent jusqu'au début de ma transition à m'alimenter de peurs. Elles m'ont appris le mensonge pour m'éviter les difficultés et les conflits, pour un semblant de normalité sociale, je m'inventais pour chaque situation une parcelle de vécu nouveau.

Peur du regard des autres sur ma différence. Peur de l'échec, parce que la réussite est le baromètre de l'estime des autres. Peur du rejet, la peur d'être fou, la peur du jugement, la peur du ridicule, la peur de la proximité des gens, la peur des relations, la peur de l'inconnu, la peur de décevoir et de ne pas être aimé. La peur, cette prison qui me privait de mon droit de choisir mes options de vie, de mes opinions, de mes sentiments, de mes attirances, de mes préférences.

J'ai donc grandi en multipliant les peurs et la souffrance. Insidieusement, le retrait dans la solitude est devenu ma meilleure protection contre cette invasion de la peur.

Mon mantra c'est les sentiments négatifs: je suis vulnérable, je me sens si impuissant devant la vie que l'on a choisie pour moi, malgré moi, je suis toujours sur la réserve concernant mon avenir et ça me déprime tellement. Je suis bloqué dans mes sentiments et amer de ne pas pouvoir les laisser s'épanouir librement. J'hésite à avancer vers les autres de peur d'être rejeté. Je suis écoeuré de vivre sous les normes féminines qui ne me conviennent pas, je suis inconfortable dans ce corps de femme.

J'en ai marre d'être tiraillé entre deux essences. Je vis un malaise chaque fois que je dois exposer ce corps nu. Je suis méfiant de ceux qui me disent m'aimer, parce que je ne comprends pas comment quelqu'un peut m'aimer.

Peur, peur, toujours ce mot en écho dans ma tête, peur d'être la honte de ma famille, peur de dire ce que je pense, peur de Dieu et de sa foudre colère, peur de moi, peur de commettre l'irréparable. J'ai peur, j'ai peur de cette pagaille dans ma tête.

Je suis bien dans ma solitude . Mon appartement, mon petit chez moi, mon cocon d'adulte, où je m'y sens en sécurité, le lieu où je me retrouve en fin de journée qui m'apaise, me porte à la réflexion. Mon sanctuaire de paix.

Autant de fois le mot peur est employé dans ce texte, c'est dire à quel point la peur était un moteur dans ma vie.

C'est début 2009, que je vais mettre le mot transidentité sur mes souffrances, suite à un reportage télé sur un gars trans. Je venais de comprendre ma réalité, je savais maintenant qu'il y avait une lumière au bout du tunnel. J'ai commencé par faire des recherches sur internet. J'ai pris des notes et des tonnes de notes sur le processus de changement de sexe. Plus mes recherches avançaient et plus je savais que c'était ce qu'il me fallait faire: une réassignation sexuelle. Ma vie, mon existence vraie, c'est dans cette démarche de transition que je la vivrai réellement. À partir de ce moment, je me suis fait la promesse que rien, ni personne au monde ne pourra plus me mettre des barrières dans les roues, je vais me réapproprier l'homme que j'ai toujours su être.

 

Une nouvelle Trans de vie va s'écrire !

 

Je croise les doigts pour vous revoir bientôt sur ce blogue!

 
 
 
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