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Sujet embarrassant, docteur! 3ième séance psy

  • Samuel Desbiens
  • 4 déc. 2017
  • 4 min de lecture

« JE N'AIME PAS LE SEXE, DOCTEUR. »

Je l'ai presque hurlé dans son cabinet.

« C'est un sujet très embarrassant pour moi de vous parler de ce sujet. »

Je n'en avais pas très envie, parler de mon intimité sexuelle était chose difficile, mais je savais que c'était un passage obligatoire pour la suite de mon évaluation de la dysphorie du genre.

« Quand je fais l'amour, non ce n'est pas de l'amour, je décrirais cet acte intime comme de la violence à mon esprit masculin, de la violence psychologique, ce corps féminin ne peut être en fusion avec mon ressenti d'homme. »

Je prends une grande pause, je respire profondément, je sentais les larmes venir. J'apprécie que le dr. Nguyen respecte ce temps de silence sans intervenir.

« Je me laisse imposer cette violence psychologique parce qu'il le faut, parce que pour la majorité des gens, ce n'est pas normal de pas aimer le sexe. »

Je ne peux plus retenir mes larmes, le cœur se serre. Dr Nguyen me tend un mouchoir.

« Prenez votre temps, Samuel. »

«Je faisais l'amour par obligation morale du couple, je ne voulais pas perdre ma conjointe, sincèrement je l'aime, ce n'est pas l'a que se situe mon problème. Je sais que je lui demande beaucoup ces derniers temps par mon abstinence, six mois sans sexe et je ne m'en sens pas plus mal. »

Pause, je demande pour aller griller une cigarette à l'extérieur, j'ai besoin de ce temps d'arrêt pour me calmer un peu.

« Je déployais mon amour pour elle et les filles de différentes façons pour combler le manque que je lui imposais, je lui aurais tout donné, même ma chemise. Je prenais tout en charge pour qu'elle en ait le moins possible à faire dans la maison et auprès des filles. Malheureusement ce n'était pas suffisant comme preuve d'amour pour elle. Le couple pour elle sans sexe ce réduit à de l'amitié. Je sais que mon sentiment pour elle était au-delà de l'amitié, je sais faire la différence entre amour et amitié, que pensait-elle en me disant cela? Je n'ai jamais trouvé les mots et le courage de lui dire que le toucher de l'amour sur la peau de ce corps était douloureux. J'étais amer, choqué de l'entendre me dire « ce n'est pas normal ta baisse de libido, va voir un docteur pour prendre des hormones ( rire jaune ). Ce n'est pas aux mêmes hormones qu'elle et moi pensions. »

« Elle vous avait ouvert une porte à ce moment-là, l'avez-vous franchi ? »

« Non, jamais, j'avais peur de la perdre comme je vous l'ai dit précédemment. Je n'avais aucune idée comment lui faire comprendre que c'est mon corps que je n'aime pas, et que mon esprit est une entité à part, et que les deux n'arrivent pas à se rejoindre dans le même corps. Comment expliqueriez-vous qu'en vous coexiste deux personnes de genre différent sans passer pour un fou ? Je ne suis pas sûr qu'elle aurait compris ma frustration liée aux touchés de certaines parties de mon corps, que je désire différentes: il devrait y avoir un pénis à la place de ce clitoris et ses seins devraient être des pectoraux. »

Je prends encore une pause le temps d'une réflexion.

« Selon elle, notre sexualité est platonique dans le noir le plus complet, sans spontanéité, planifier de préférence. J'ai besoin de me préparer mentalement aux ébats amoureux. Nous avons des relations intimes sans grandes fantaisies, un rituel sans grandes innovations. J'avoue, que moins longtemps les ébats durent, le mieux je me porte. Après chacun son côté pour dormir. Je suis assez d'accord avec elle, notre sexualité n'est pas très palpitante, j'en suis le grand responsable. »

« C'est toujours elle que faisait la demande pour une relation sexuelle ? »

« Oui »

« Vous ne la désiriez pas, Samuel ? »

« Oui, j'aime le corps des femmes, je le trouve beau, c'est mon esprit masculin qui aime le corps de la femme, qui le désir. Mon corps féminin est une barrière à l'expression de mon essence masculine, à travers ce corps de femme c'est impossible de jouer le rôle de l'aimant et d'être aimé comme je le devrais. Je sais que c'est absurde, l'amour est un sentiment, mais c'est avec le corps et l'esprit qu'on l'exprime. Chez moi les deux ne sont pas au même diapason. »

« Combien d'années êtes-vous avec elle.? »

« À l'automne nous comptons 17 chandelles. »

« Selon vous, elle vous aime encore. »

« Difficile à dire, mais je l'espère de tout mon cœur. Faudrait lui demander à elle. Depuis deux ans j'ai plutôt l'impression qu'elle me fuit dans le travail. On se croise plus souvent qu'autrement dans le cadre de la porte, elle travaille sur les chiffres de soir et de fin de semaine. Elle accepte toujours du supplémentaire sur sa fin de semaine off. Je suis pratiquement toujours tout seul. C'est assez révélateur, je crois qu'elle a trouvé cette façon pour se détacher de moi. »

« La prochaine rencontre, Samuel, j'aimerais la faire avec vous et votre conjointe. »

« D'accord , si c'est nécessaire. »

Je compte sur vous pour une prochaine lecture sur ce blogue, en attendant je vous souhaite à tous une bonne semaine!

BYE BYE!

 
 
 
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